Aliyun au banc d’essai

Aliyun au banc d’essai

150 150 Team Gekko

Il y a un an, Aliyun ou Alibaba Cloud (Cloud public du chinois Alibaba) annonçait 1 milliard de dollars d’investissements pour s’étendre depuis la Chine (où il détient plus de 30% du marché) et installer des datacenters dans le monde afin d’assoir son développement international.

A la clef, entrer dans le trio de tête (les triple A du Cloud : AWS, Azure, AliYun) en 4 ans.

Trop ambitieux ? Il est vrai que l’on connaît encore mal cet acteur en Europe, mais ce serait une erreur d’ignorer le levier que lui donne son formidable marché domestique.

 

Petit bilan d’étape pour mesurer l’avancement de cette ambition:

  • Ouverture de datacenters aux USA, Singapour et au Japon (ouvert le 2 novembre), annonces d’ouverture en Europe, au Moyen-Orient et en Australie – en plus des DCs existants de Chine mainland et Honk Kong (pour référence, 13 régions / 35 availability zones pour AWS, 4 régions / 9 AZ en développement en 2017);
  •     Revendication de 650.000 comptes payants (en gros la moitié de ce qu’annonce AWS);
  • Un revenu qui a plus que doublé entre 2015 et 2016, et qui est sur un « run rate » annuel de $ 1B (vs $ 12 B pour AWS).

On n’y est donc pas encore, mais il reste 3 ans, et les progrès sont impressionnants.

 

Au delà des chiffres, est-ce concrètement une option pour un client français?

Chez Gekko, nous nous sommes prêtés au jeu et avons souhaité tester et torturer quelques machines pour voir ce qu’elles avaient dans le ventre….

 

User experience: un peu compliqué….

L’interface Aliyun est très comparable à celle d’AWS dans la mesure où les services principaux ressemblent beaucoup à EC2, et il est donc assez facile de s’y retrouver…. quand on a réussi à ouvrir un compte. Ceci s’est avéré en revanche plus compliqué que prévu: quelques écrans anglais basculaient inopinément en chinois, ce qui nous a occasionné quelques pépins de compte et de mots de passe, et la validation du compte requiert une procédure de sécurité assez longue (de type paypal avec vérification d’une transaction CB – 2 jours ouvrés nécessaires, ce qui n’est pas forcément un problème si on le sait, mais qui le devient si on pense que la procédure a échoué et qu’on la relance…); heureusement, la toute nouvelle et sympathique équipe d’Aliyun en Europe a été réactive et serviable pour nous assister dans ce process.

 

Choix des instances et pricing: intéressant mais étonnant!

Comme AWS (et d’autres), Aliyun propose diverses classes d’instances (générales, optimisées IO, optimisées CPU ou mémoire…) selon différents sizings et selon différentes générations.

Ces modèles sont offerts à des prix différents selon les régions, ce qui est également vrai chez les concurrents, mais nous avons en revanche été assez surpris par l’ampleur et surtout la logique des écarts:

  • Ainsi une instance de 4 vCPUs / 8 Gb (Generation II) peut ainsi être facturée $ 0,27 / heure en Chine, et $ 0,164 aux USA East – soit en gros 60% plus cher.
  • A l’inverse, cette même instance peut être facturée $ 62,9 / mois en Chine et $ 84,3 / mois aux USA East – soit en gros 25% moins cher.

Nous n’avons pas compris les fondamentaux de ces logiques de pricing, mais il n’en  demeure pas moins que les prix proposés peuvent être assez attractifs si on sélectionne soigneusement les bonnes instances et les bons forfaits.

Nous l’illustrons sur les charts ci-dessous, qui comparent cette instance (génération II) à une AWS C4 XL (4 vCPUs / 7.5 Gb), une Azure A3 standard (4 vCPUs / 7 Gb), une Google custom (4 vCPUs / 7 Gb) et une SoftLayer custom (4 vCPUs / 6 Gb)

Cet écart s’accroit sur une base annuelle dans la mesure où Aliyun propose une année de 10 mois; il faudrait toutefois alors comparer avec les modèles de « reserved instance » d’AWS, qui vont offrir de 40 à 60% de discount, ou de « sustained usage » de Google – mais l’avantage reste à Aliyun pour ce qui est du prix net annuel.

Au delà des prix, quid des performances ?

Nous avons benchmarké ces instances par rapport à leur compétition, et c’est que nous vous présenterons dans notre prochain billet du blog Gekko.

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